GG Allin : The King Of Shock

La Story du King of Shock

King Of Shock : Shock, Drugs & Rock & Roll - Prémices

Fin des années 70, comme beaucoup de jeunes américains (et sûrement quelques chinois aussi) de son âge, celui qu’on appelait Jésus Christ décide d’entrer en musique comme d’autres entrent en sexualité : par la petite porte.

Si vous pensez que je fais ici allusion à une entrée dans une académie de musique, vous vous trompez lourdement. Non, celui qui allait au collège habillé en Drag Queen, ne sera jamais Mozart, pour la simple raison qu’il aurait dû pour cela jouer au docteur avec sa petite cousine, et ça, on a beau chercher dans sa biographie, faites-nous confiance, on n’y trouve rien de la sorte.

Donc, c’est naturellement vers le rock que va se tourner le grand GG. Naturellement car à l’époque, le rock c’était sexuel comme un déhanché moulant de Elvis, ou propre comme la coiffure des Beatles, ou provoquant comme un déhanché moulant de Freddy Mercury, ou sexy comme Bowie, ou ça fumait dans son bain comme les Deep Purple, mais pas encore sale comme la coiffure de Cobain… Enfin c’était transgressif, diabolique, satanique, pervers, dégénéré, subversif… Et de facto plus en phase avec la personnalité déjà bien trempée de notre King of Shock.

Ne faisant jamais les choses à moitié, GG décide, peut-être pour faire plus rock-&-roll, de s’essayer à toutes sortes de drogues, ce qui ne va pas vraiment l’aider à aller mieux dans sa déjà drôle d’existence.

Source : http://www.terminal-boredom.com
GG Allin & Malpactrice (Source : http://www.terminal-boredom.com)

S’il débute en jouant de la batterie avec le groupe Malpractice, il prend rapidement goût au rock et au reste, car le voilà en 1977 leader du groupe punk-rock : « The Jabbers » où l’on retrouve un de ses potes d’enfance, Alan Chapple et son frère Merle (oui, cela confirme la capacité de sa mère à donner des noms « originaux » à ses rejetons).

Source : http://www.terminal-boredom.com
Source : http://www.terminal-boredom.com

En 1980 sort même un premier album avec des titres comme Beat, Beat, Beat ou Bored to Death.

Si ce premier pas dans le monde du rock-punk est très soft au regard de ce qu’il fera plus tard dans sa carrière, les premiers concerts (1979 – 1984) sont déjà très dans le ton avec des bris de verre, du sang et des filles topless dans le public, et il n’est déjà pas rare que ceux-ci se terminent en émeute. Il faut dire qu’il avait rapidement compris que l’extravagance plaisait au gens. Lors d’un de ses tous premiers concerts qu’il donna lors d’une soirée de son lycée, il s’était mis à démonter la déco ce qui déclencha un vive encouragement du public présent. A la lecture des paroles des productions du groupe, si cela reste très sage, on sent déjà les prémices des splendeurs littéraires à venir. Mais surtout, on se rend très vite compte que GG Allin, car oui il écrit, ne sera jamais Shakespeare pour la bonne et simple raison que lorsqu’il écrit la chanson « Assface », il ne fait pas du tout, mais vraiment pas, allusion à la beauté callipyge d’un jeune ado de quatorze ans (enfin on n’a là non plus rien trouvé dans sa bio qui va dans ce sens), chose indispensable pour devenir le plus grand dramaturge anglophone de tous les temps. Voici les paroles de la magnifique chanson :

Assface.

(on ne vous les traduit pas, mais ce n’est pas très compliqué à comprendre …) :

You think you’re on my ass girl but that ain’t you It’s the only thing that reminds me of you. All fat and ugly and covered with zits. When you open your mouth out comes shit [Chorus:] Assface honey that’s what you got Sisyphus baby you can suck my cock Assface (YEAH!) that’s what I said In place of a face you gotta ass instead. Don’t you sit where you don’t belong. Gonna find some rope that’s good and strong. Gonna hang you from the highest tree .We wont take no shit you’ll see [Chorus]

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4 comments

  • Ca serait dommage de ne pas faire participer les non-anglophones de ce superbe témoignage….

    “Jusqu’à l’âge de cinq ans, ma vie fut rythmée par la maladie et la violence. J’habitais dans une cabane en bois, au fond d’une forêt dans le nord du New Hampshire, avec mon père, ma mère et mon frère. Nous menions une existence primitive et antisociale, mais tellement réelle. On n’avait pas l’eau courante, presque pas de chauffage, et nos conditions de vie étaient étouffantes, à la limite du supportable. Mon asthme me rendait malade comme un chien et chaque bouffée d’air que je respirais était une victoire sur une situation familiale émotionnellement instable, vécue entre 4 murs sentant la peinture défraichie…nous n’étions pas une famille, nous étions des prisonniers. Notre geôlier était mon père, et mon père était prisonnier de lui-même. Depuis toujours, son but avait été de nous tuer, mon frère et moi, puis de se suicider avec ma mère. On s’en était rendu compte à de très nombreuses reprises. Papa refusait qu’on s’amuse autour de la cabane et faisait en sorte qu’aucun objet de divertissement n’entre dans la maison. Si jamais il nous voyait jouer avec quelque chose, il nous le confisquait et allait l’enterrer dans les bois. On ne voyait d’autres personnes que très rarement, le téléphone nous était interdit et les activités étaient triées sur le volet…mais on avait appris à accepter la situation. A l’époque, on ne connaissait rien d’autre.
    Après avoir vécu ainsi cinq ans dans des conditions barbares, ma mère a commencé à échafauder un plan pour nous sortir de là. Elle avait déjà fait une tentative, mais au final j’avais été repris. Puis, un beau jour, alors que mon père était parti travailler à la papeterie, maman a rapidement fait nos bagages et a laissé derrière elle tout ce qui ne tenait pas dans une valise. C’est comme çà qu’on s’est enfui, et que j’ai dit au revoir aux cinq première années de ma vie….. cinq ans qui resteront à jamais gravé dans mon âme. »

    • eric

      Un tout grand merci pour cette traduction !!! La maitrise de la langue anglaise est indispensable pour vraiment apprécier les grandes nuances et la finesse des paroles des chansons du King of Shock, à ne pas manquer tout bientôt dans la Story 🙂

      (petit avant goût : You piece, you piece of puppet property shit)

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