C’est pas chinois : quel bon bébé

La télévision ? C’est assez ennuyant en fin de compte, même la télé-réalité n’a plus grand chose de choquant, juste affligeant et encore : si on a du temps à perdre. Mais non. Rien de plus plat que la télévision de nos jours, ma bonne dame. D’ailleurs, et puisqu’on parle plat, c’était bien mieux avant.

Si aujourd’hui on a des Top Chef et autres, en 2003, la chaîne anglaise Channel Four nous proposait bien, mais en vraiment bien mieux, une version très Shockyou de « Dans la peau d’un chef » avec ce terrible avertissement qui nous va si bien :

«Le public pourra trouver dérangeantes certaines performances»

Certes, lors de sa diffusion sur la chaîne anglaise, le plat était un peu froid, car dans son documentaire de 2003 qui cherchait à cerner l’art moderne chinois, on nous proposa des photos d’une performance réalisée en 2000 lors d’un festival d’arts à Shanghai dénommé : 不合作的方式. Comment ça ? Vous ne lisez pas le chinois ? Bon alors allez vous faire foutre ! Mais non, on ne vous insulte pas… C’est en gros ce que cela signifie, ou pour ceux qui trouvent plus excitant de s’insulter en anglais : Fuck Off !

Et qu’est-ce qui a choqué l’occident tout entier lors de la diffusion de ce reportage ?

Et bien trois fois rien, c’est le cas de le dire. Sur une des photos on découvrit Zhu Yu, le premier, selon lui, artiste anthropophage (si, ce mot existe) qui lors de sa performance intitulée très pertinemment « Eating People », était assis tranquillou à table et dégustant un visiblement délicieux fœtus. On se calme : non, l’enfant n’était pas vivant, non mais vous êtes devenus fous ? Non ! Comme c’est de l’art : il s’agissait d’un nourrisson (qui n’aura jamais aussi bien porté son nom) mort-né. Et comme en plus c’est le fruit d’un avortement qu’il a obtenu à la boucherie du coin, heu, non à l’hôpital universitaire du coin, la morale de certains est sauve, ouf.

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Pourquoi, vous demandez-vous sans doute, en arriver à manger un bébé ? Est bien c’est évident, du moins selon l’artiste :

« Aucune religion n’interdit le cannibalisme. Je n’ai pas plus trouvé de loi nous interdisant de manger des gens. J’ai profité du décalage entre la loi et la morale pour m’en servir comme base de mon art. »

Voilà un artiste engagé !

Comment-ça ce n’était pas votre question ? Vous voulez savoir quel goût ça a ? Et bien l’histoire ne le dit pas, na ! (D’ailleurs, des rumeurs de supercheries ont rapidement vu le jour et donc il ne le sait peut-être pas lui-même.) Nous pouvons juste vous conseiller en accompagnement de ce met fœtussif le vin chinois, ben oui, produit par Cai Yuan et JJ Xi dont la recette est assez simple : il suffit de laisser macérer un sexe masculin dans de l’alcool quelques jours et le pénien nectar est prêt à être dégusté :

Voilà, maintenant vous saurez quoi répondre à ce con-vive, qui immanquablement, lorsque vous êtes dans un resto chinois, vous fait remarquer que vous mangez peut-être du chien…

D’ailleurs en Chine, peut-être pour prendre le contre pied de cela et pour prouver que là-bas ce sont les chiens qui mangent les humains, notre artiste aurait fait encore plus fort : Un matin, ou peut-être une nuit, Zhu Yu trouve une prostituée qui accepte de porter son enfant, mais le ‘contrat’ est très clair, pas question de mener la grossesse à terme, elle devra avorter durant le quatrième mois, car Zhu Yu a de grand projet pour sa progéniture : servir de repas à son chien !

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Les 3 infos et demie dont tout le monde se fout :

 

  • Zhu Yu est né en 1970 et est diplômé de l’École supérieure de l’Académie centrale des beaux-arts de Pékin.

  • Un jour où il n’y avait rien à la télé en Chine non plus, il a transplanté un morceau de sa propre peau sur le corps d’un porc dans un état de décomposition déjà bien avancé, puisqu’on vous dit que c’est du lard. (Désolé, mais on ne pouvait pas ne pas la faire celle-là). L’œuvre s’appelle Transplantation, l’artiste est décidément très pertinent lorsqu’il s’agit de nommer ses œuvres.

  • L’œuvre de Zhu Yu est sans doute l’une des plus nihilistes de toute l’histoire de l’art, si, si, puisqu’on vous le dit.

  • Allez, on peut bien vous le dire, alors le fœtus goûte

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